Cela fait maintenant quelques semaines que l’idée a été lancée : l’augmentation du forfait hospitalier est dans les tuyaux : augmentation à 18 euros ? Cette annonce n’a somme toute pas fait trop de vague. Il faut dire qu’en ce moment, les sujets sur les prélèvements ne manquent pas. Celui-ci mérite pourtant qu’on s’y attarde car il ne sera pas possible de jouer l’autruche encore longtemps.Certes, nous ne voudrions pas tomber dans le travers que nous dénoncions dans le billet précédent qui consiste à systématiquement à faire payer encore plus les usagers pour boucher le trou de la Sécu, sans réformer en profondeur le système. D’où la nécessité d’être précis en la matière et ne pas craindre d’avancer des solutions qui paraissent parfois douloureuses, mais sans lesquelles, on n’aurait aucun espoir de sauver notre système de santé et de protection solidaire. Au passage, on ne pourra s’empêcher de penser au cuisinier des dialogues de Platon qui avait plus de facilité pour obtenir l’assentiment des enfants que le médecin qui voulait les soigner avec une potion amère… Mais nous nous adressons ici à des citoyens adultes et responsables : autant, par conséquent, dire les vérités et sans détour.
La première d’entre-elle est que la santé, si elle n’a pas de prix, a cependant un coût malgré ce que certains responsables politiques et syndicaux voudraient nous laisser croire depuis des années.
La seconde vérité est que, par conséquent, nous n’échapperons pas à des augmentations significatives des cotisations quelles qu’en soient les modalités : inutile de cacher la poussière sous le tapis.
La troisième vérité, c’est qu’il y aura des méthodes et solutions plus ou moins intelligentes et acceptables de procéder à des «réajustements». Ainsi, plutôt que d’augmenter de manière unique et globale le forfait hospitalier, on devrait habituer progressivement les usagers à payer le juste prix de la santé. C’est la raison pour laquelle je proposerais une augmentation modulable du forfait hospitalier en fonction de la durée du séjour. On pourrait imaginer une dégressivité de l’augmentation du forfait pour un séjour court, moyen ou long. Cette solution permettrait par exemple de ne pas trop pénaliser pour les patients les séjours moyens ou longs dans des spécialités ou activités telles que les soins de suite, la réadaptation fonctionnelle ou la psychiatrie.



